Le Mali est plus connu pour le désert du Sahel que pour ses escalades et ses randonnées.
Pourtant, au sud de Tombouctou, dans le coude du fleuve Niger, plusieurs petits massifs sont disposés à régaler les explorateurs en herbe.
Soleil aveuglant, chaleur harassante, sable plein les yeux,
l’eau s’échappe inévitablement du corps…
Le Mali a de quoi repousser les meilleures volontés.
Ici c’est une évidence, même les journées de repos sont éprouvantes.
Le manque d’eau représente un danger à ne pas sous-estimer : fatigué, on sait qu’au bout de deux heures sans boire, on rentre dans une zone critique où il ne reste que quelques heures de lucidité.
Pourtant, les falaises sont là, démentes et regorgent de voies à ouvrir. Le grimpeur ne peut que saliver malgré la sècheresse !
La pratique de l’escalade n’est pas chose nouvelle au Mali. Au XVème siècle, les Tellems habitaient en pleine falaise. Aujourd’hui, les Dogon et les Peul grimpent toujours ces falaises et utilisent les vestiges Tellems comme lieux de vie ou lieux de culte.
Sur le Kaga Tondo, le plus haut sommet de la Main de Fatma, une de leurs ascensions reste un mystère. En 1978, après plusieurs centaines de mètres d’escalade avec des passages très difficiles, quelle surprise pour le guide Alain Pujos d’y découvrir des poteries ! Le sommet n’est donc pas vierge !
Comparée aux massifs du Maghreb, l’exploration européenne au Mali commence relativement tard et ce sont des ornithologues Français qui gravissent le mont Hombori à la fin des années 50.
Le véritable engouement pour ces massifs commence à la fin des années 70 avec les basques et les français qui s’y engagent dans le plus pur style de l’époque. Le leader de l’équipe, Alain Pujos mourra de déshydratation au Mont Hombori en 1983.
Au Mali, grimper à votre limite demande un bon vécu. Il faut avoir déjà eu l'expérience de voies où l'équipement commence à dater avec des relais vétustes, des sangles bronzées et des pitons bizarres. C'est un des sites de la terre où il faut le plus savoir s'engager c'est à dire décider ou non de passer (l'escalade est souvent aérienne et donc impressionnante) en fonction de la sécurité des protections en place tout comme des possibilités de retraite en cas de pépin. Ici l'éloignement est réel.
Dans la région de Hombori, les quelques voies équipées, la facilité d’accès et la beauté des aiguilles contribuent à démocratiser l’escalade malgré la chaleur et la folie de l’Harmattan.
La région est immense, le réservoir de falaises paraît inépuisable et il est évident que tout reste à faire, que ce soit en matière de voies sportives ou en escalade artificielle.
Aussi, comme moi à la sortie d’une voie, vous aurez peut-être la chance de découvrir un village encore inconnu à ce jour.   @Guy Abert

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